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Le projet de réservoir souterrain à L’Isle met du temps à émerger
LAURE PINGOUD
Publié le 29 décembre 2006 |
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La commune souhaite construire un barrage dans le sous-sol pour régler ses problèmes d’eau. Mais des écologistes restent opposés à ce projet, mis à l’enquête en 2005.
Deux visions de l'écologie s'affrontent autour d'une histoire d'eau à L'Isle. L'idée de construire une sorte de nappe phréatique artificielle ne fait pas l'unanimité. Deux associations ont décidé de maintenir l'opposition qu'elles avaient formulée lors de la mise à l'enquête du projet, il y a plus d'une année. Entre-temps, des études complémentaires ont été réalisées.
Afin de résoudre ses problèmes d'alimentation, et surtout de stockage de l'eau, la commune de L'Isle souhaite aménager un barrage souterrain pour exploiter les sources des Barbilles. Le concept consiste à créer une étanchéité pour retenir l'eau dans le sol graveleux, permettant ainsi de la conserver à long terme, puis de l'écouler selon les besoins et sans traitement. Evaluée à un million de francs, cette installation doit être financée par la vente du gravier extrait du chantier.
Mais ce montage irrite la Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage (FP), qui s'oppose au projet avec l'Association pour la sauvegarde du pied du Jura. «C'est de l'opportunisme de financer un captage des eaux par une gravière, qui constitue une atteinte majeure au paysage», commente Richard Patthey, collaborateur de FP. Aux yeux de la Municipalité, qui est optimiste sur la concrétisation du barrage, le préjudice à la nature sera toutefois momentané. Les travaux, qui doivent durer sept ans, permettront en outre de créer une réserve d'eau écologique.
Accord sous conditions
Secoué par les arguments des opposants, l'Exécutif islois a d'ailleurs commandé une analyse à Philippe Roch, ex-chef de l'Office fédéral de l'environnement, pour avoir un avis extérieur sur le barrage. «Nous voulions être sûrs d'aller dans le sens de l'écologie», explique la municipale Michèle Arber. Et ce rapport constate qu'il s'agit d'un projet modèle en matière de développement durable, pour autant que des mesures de compensation soient réalisées.
L'Office fédéral de l'environnement donne par ailleurs un avis positif sur le défrichement de 4,7 hectares de forêt qu'engendre la construction. Il juge celle-ci compatible avec le droit sur la protection de l'environnement, à condition de déclasser la zone de protection des eaux souterraines, de protéger les nouveaux captages, de prouver que le projet ne portera pas atteinte à la recharge de la nappe et de compenser le défrichement.
Mais ces conclusions n'ont pas fait changer d'avis les opposants, pour qui le projet ne tient pas compte de la protection des sources. Désormais, les cartes sont donc dans les mains du chef du Département de la sécurité et de l'environnement, Charles-Louis Rochat, appelé à statuer sur ces contestations. La décision devrait tomber durant le premier trimestre 2007
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