Originaire d'Anvers, né à Paris en 1605, Jean-Baptiste Tavernier est le fils d'une famille de célèbres cartographes attachés à la cour. Le jeune Tavernier, lui, ne rêve que d'entrer physiquement dans les cartes: "Si la première éducation est comme une seconde naissance, je puis dire que je suis venu au monde avec le désir de voyager." dit-il en entamant ses mémoires.
A 25 ans, alors qu'il a déjà vu une grande partie de l'Europe, il part pour l'Asie qu'il traversera jusqu'à Java. Mais c'est en Turquie, en Perse et en Inde qu'il séjournera le plus au cours de ses quarante années de voyage.
Il devient marchand d'étoffes, puis de pierres précieuses, le bon moyen pour lui de poursuivre indéfiniment ses voyages. Toujours plus célèbre d'un périple à l'autre. Il est reçu à la cour des sultans, des shahs, des princes Raja et du grand Moghol. Il a parcouru l'Inde en tous sens. Il traverse ainsi plusieurs fois l'actuel Rajasthan, notamment quand il se rend de Surate à Agra, par des routes chaque fois différentes.
De retour en Europe, il est anobli par le roi Louis XIV dont il avait été d'ailleurs chargé d'annoncer la naissance, trente ans plus tôt, aux ambassadeurs de France en Asie.
En 1670, il achète la baronnie d'Aubonne, petite ville entre Lausanne et Genève, au-dessus du lac Léman. Et dans son château, qu'il réaménage en lui donnant un aspect oriental, il écrit ses mémoires, parues pour la première fois en 1676. Elles totalisent plus de mille pages d'intérêt historique et culturel considérable.
Agé de 84 ans, après avoir séjourné chez le roi de Prusse Frédéric-Guillaume qui lui proposait de créer un comptoir allemand aux Indes, il tente de repartir pour l'Asie une septième fois, cette fois en passant par le nord.
Il s'arrête à Copenhague, où il se fait notamment peindre par l'artiste français Jacques d'Agar(portrait Actuellement au Musée national de Copenhague) et arrive à Moscou en 1689. Il y meurt, âgé de 84 ans et est enterré dans le cimetière protestant de la cité russe.